18 février 2008

NOBLESSE DE COUR

Le Président nous avait promis du changement ! Et il y en a ! Et de taille !

Je ne veux pas dire que le Président a changé de taille, je veux dire que, pour une fois un élu du peuple, ou peu s’en faut, tient parole.

Bon, la grève de la SNCF, de la RATP, d’EDF, de GDF, les revendications des étudiants, tout ça, c’est la routine, que dis-je, l’expression des mœurs françaises, et nous ne sommes pas près d’en changer.

Non, le changement le plus important à mes yeux d’innocent, enfin jusqu’ à maintenant, a été obtenu en faisant descendre dans la rue la Magistrature soi-même !

C’est plus qu’un changement, c’est une révolution ! Manquait les piques avec les têtes de turc plantées dessus… Quant à être sans culotte… La robe oui, mais pas au-delà…

Ainsi, voilà réunis sous les mêmes bannières, juges et avocats, qui pour une fois ont fait cause commune ! Parce qu’on leur enlève leur joie de vivre. Parce qu’on commet un crime de lèse-justice, bref, parce qu’on les considère comme des citoyens de basse extraction : on leur enlève le pain de la bouche. On les détrousse dirais-je, si toutefois j’osais cette métaphore, et je m’en garde bien.

Ainsi, voilà une corporation qui a coutume de dire où est le Bien et le Mal, qui est indépendante du Pouvoir, et on leur abîme d’autorité leur échafaudage, leurs infrastructures ?

Ainsi, voilà des personnages importants, chargés d’appliquer les lois, de les créer au besoin par jurisprudence, lorsque celles-là ont des trous, comme la Sécu (on appelle cela des « vides juridiques »), de décider en « leur âme et conscience » de la peine à infliger, au centime près, au nombre d’années de prison au mois près, aux prévenus pas très avisés et on leur rétrécie leur emprise territoriale ?

Ainsi, voilà des notables dans la rue, comme le vulgaire homme du même nom, portant pancartes, créant des perturbations, invitant la populace à se révolter contre des décisions aussi iniques et …injustifiées !

Que des personnes chargées de faire respecter les lois manifestent pour qu’on ne les applique pas quand elles ne leur conviennent pas, voilà ce qu’on peut appeler un changement !

Mais, ne nous y trompons pas, cette rébellion des édiles magistraux ne vise en aucun cas à défendre leurs prérogatives, mais bien à sauvegarder les avantages accordés jusqu’ici aux justiciables. Lesquels étaient très contents jusqu’ici d’avoir des juges et des avocats sous la main, si je peux me permettre ce raccourci. Ils pouvaient les contacter quand ils voulaient, les fréquenter comme il leur convenait, avaient porte ouverte dans les cabinets.

Maintenant, la plupart seront obligés de faire 50 kilomètres (chiffre arrondi, pour faire cour) pour se voir infliger leur sentence et ainsi voir leur peine augmentée des frais de transport, ce qui est pour la Magistrature tout à fait inconcevable. Surtout qu’il n’est pas envisageable de les déduire des amendes infliqées. Quand même !

Ainsi, voilà notre noblesse de robe, qui loin de se dérober, s’implique directement dans la défense des intérêts de la veuve et de l’orphelin, des autres aussi, si affinités, en s’insurgeant contre la Loi.

Je crois que cela méritait bien d’être souligné.

Enfin, je vous laisse seuls juges !

Posté par gzormix à 03:38 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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