08 mars 2008

BANQUE !

Tous les timbres se mettent à sonner soudainement et stridemment (rajouter au dictionnaire) même ceux des enveloppes en instance de départ, des lumières rouges de toutes les couleurs ( !) s’allument, clignotent comme des guirlandes de Noël, des portes blindées s’abaissent en faisant un bruit de guillotine bien graissée, rappelant le bon temps. Quelques secondes ont à peine le temps de s’égrener que déjà arrivent avec la discrétion qui les caractérise voitures de police et camions de pompiers qui se garent en plusieurs couches d’épaisseur afin de permettre à un embouteillage monstre de s’établir pour plusieurs heures dans le secteur con-cerné.

Que se passe-t-il, s’interrogent les gens qui s’agglutinent, appâtés par la promesse d’une belle tragédie, qui leur permettra de dire à leur petits enfants : « J’y étais ! ».

Cela se passe devant la succursale de la banque X (je ne cite personne à cause des représailles possibles). Alors quoi ? Un holedup ? Avec prise d’otages au moins ? Ya des morts ? Plusieurs personnes ont entendu des coups de feu. L’une d’elle stipule le nombre exact : 62 ! Au bout de quelques heures de cafouillage intense, on finit par savoir à peu près ce qui s’est passé : un client a tiré –à bout portant- un chèque sur un compte insuffisamment approvisionné ! Un énorme chèque d’un montant de vingt-deux euros, alors que son compte n’en disposait que de vingt et un !

Le quidam a été emmené pieds et poings liés au violon, tabassé en proportion inverse du vol qu’il a failli commettre, mis au banc des accusés, puis au ban de la société, emprisonné et condamné à une forte amende. Disons que j’exagère un tantinet, mais si peu…

La Banque ne supporte pas qu’un individu, surtout s’il est pauvre, lui fasse tort, même involontairement, d’un centime. Un centime de dol, c’est très grave. Alors un euro ! Cela met en danger l’équilibre financier de l’Institution. Des forfaits semblables la mettent dans un état fébrile, frôlant la crise de nerfs.

Essayez pour voir !

En revanche, quelques milliards, c’est de la roupie de sansonnet, une goutte d’eau dans l’océan. Un trou qui se bouche d’un geste auguste du semeur de manne. Lequel peut être l’Etat… et l’Etat, c’est nous, vous avez déjà payé quelques milliards pour les errances d’une certaine banque au lion (je ne cite personne par peur de faire de la publicité). Ce peut- être aussi les petits camarades banquiers qui se soutiennent volontiers, sachant que les petites mésaventures de ce genre arrivent à tout un chacun à un moment, voire à un autre. Entre petites gens de bonne compagnie, on peut toujours s’entendre… sur le dos de qui vous savez.

Circulez, il n’y a rien à voir !

Et sachez que votre argent est bien gardé.

« Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. »…mais c’était il y a bien longtemps… au temps de la Monarchie…

Bien avant que l’on ait institué une République de Liberté, Egalité, Fraternité

Posté par gzormix à 14:27 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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