28 novembre 2008

Egalité, fraternité

La radio nous apprend que cinq SDF sont morts de froid pendant des deux dernières nuits. Banalité ! La routine. Rien à dire.

Autre banalité : le Figaro Magazine, quant à lui, nous apprend que, lors du « Salon international de l’horlogerie de prestige » dont il précise bien qu’il en est partenaire, une montre, oui une montre, une tocante, une breloque, enfin un truc qui sert en principe à indiquer l’heure, a été adjugée pour la somme de 2,6 millions francs suisses (1.700.000 €) ! Une bagatelle, comparée aux 22 millions de francs suisses, montant total des transactions (14.400.000 € ), uniquement pour des montres !).  Auxquels il convient d’ajouter les frais de la transaction, ceux de la salle des coffres à bâtir autour des objets etc. Un record mondial semble se réjouir ce magazine, tout entier dédié à la vie quotidienne du Français moyen:

Inutile de faire le rapprochement entre ces deux annonces..

Les potentats qui ont acheté ces broutilles considèrent les montres comme des objets de valeurs, rien d’étonnant à ces prix ! En revanche, la vie d’un homme ne représente aucun intérêt dans leurs sphères étanches, cloisonnées de billets de banque.

On pourrait espérer que ces magnats, chaque fois qu’ils contempleront leurs emplettes, feraient ce rapprochement tant souhaitable, mais ce ne serait qu’utopie. Pour qu’ils fassent un parallèle entre leurs dépenses consacrées aux gadgets et le nombre de logements qu’ils représentent, il faudrait que les vies humaines soient cotées en bourse et que les placements financiers soient moins rentables que les placements altruistes. Ce n’est pas demain la veille… Seule compte leur devise ( et leurs devises !) : Tous pour un, tout pour moi ! Et pour longtemps.

D’ailleurs, pour confirmer leur philanthropie, s’il en était besoin, ce même Figaro fait état d’un certain Philippe Germond de chez Atos Origin et autre José Luis Duran, directeur général de Carrefour, remerciés tous deux pour leur gestion malheureuse, qui percevraient chacun, en récompense de leurs mauvais et (déloyaux ?) services, une prime supérieure à 4.5 millions d’euros (soit 568 SMIC annuels) ! Pendant qu’on licencie à pleine charrette les smicards (1321 € bruts par mois) parce qu’ils coûtent trop cher !

 Dans les années 1790, certains « aristos » avaient poussé trop loin la charrette, qui se sont retrouvés dedans.

O tempora ! O mores !

Qui sait ?

Posté par gzormix à 02:36 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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